les enjeux du test d’activité en agriculture

Le test d’activité en agriculture répond à plusieurs enjeux :

1. (re)déployer une agriculture de proximité, créatrice d’emploi : le redéploiement d’une agriculture de proximité dans le cadre de Systèmes Alimentaires Locaux permettrait de répondre à l’attente des consommateurs et de la société. Cet enjeu concerne l’ensemble des acteurs du territoire qui souhaitent œuvrer à la création d’emplois locaux par l’installation de jeunes ou de porteurs de projets en agriculture, la diversification des productions, le maintien (voire la reconquête) des terres agricoles…

2. Favoriser l’installation de personnes non issues du milieu agricole  : les installations agricoles (reprise ou création) effectuées dans une succession familiale sont en constante diminution depuis plusieurs dizaines d’années. Aussi, le renouvellement des générations en agriculture devra nécessairement compter sur de nouveaux actifs, extérieurs au monde agricole. Les installations dites « Hors Cadre Familial » (HCF) représentent aujourd’hui 30 % des installations des moins de 40 ans et sont majoritaires dans celles des plus de 40 ans. Elles ont doublé en 10 ans au niveau national et sont une des solutions territoriales pour assurer le renouvellement des générations agricoles (source : ASP 2009).

3. Sécuriser les reconversions professionnelles et les parcours d’installation : le parcours à l’installation est rendu plus difficile pour des personnes non originaires du monde agricole, qui peuvent rencontrer un certain nombre de freins : manque d’expérience et de pratique du métier ; gestion de la transition entre mode de vie « urbain » et activité agricole ; accès au foncier et au logement ; insertion personnelle et professionnelle dans les territoires et le milieu agricole ; déficit de compétences techniques, commerciales et entrepreneuriales ; manque d’outils d’accompagnement et de référentiels sur ce type d’installation. La limitation du risque et l’accompagnement par un réseau d’agriculteurs et de partenaires locaux contribuent à lever ces différents freins pour permettre des installations pérennes, viables, vivables et crédibles.

4. Renouveler le travail collectif et coopératif en agriculture  : les lieux de test d’activité sont souvent des lieux collectifs, même si chacun y conduit son activité de manière individuelle. Ils participent au renforcement de la dimension collective des installations : complémentarité agronomique des productions, échanges de services et entraide, mise en valeur d’une production par une activité de transformation, mutualisation de matériel, ou encore mutualisation de l’aspect commercialisation. Ces collaborations peuvent aller jusqu’à la formation d’une structure juridique commune (GAEC/EARL…). Certains espaces-test ont par ailleurs donné naissance à des coopératives d’activités et d’emploi agricoles. Il s’agit d’une nouvelle forme de coopération en agriculture puisqu’elle touche directement à la production. L’enjeu est de construire des coopératives performantes sur les plans technique, économique et environnemental, tout en respectant l’autonomie, le libre-arbitre et la responsabilité de chaque producteur.

5. Proposer de nouvelles formes de gouvernance territoriale : les projets portés par les membres de RENETA mobilisent tous, sans exception, des partenariats novateurs entre les acteurs du monde agricole, de l’enseignement, de l’économie sociale et solidaire et des collectivités locales. Ces nouvelles coopérations ouvrent la possibilité de nouvelles formes de coopération territoriale autour de l’accueil des nouveaux arrivants dans l’agriculture et dans les territoires mais aussi dans l’optique de systèmes alimentaires locaux.